Si un jour pour une raison ou une autre vous allez faire un petit tour bien paisible dans votre petite voiture à Salles la Source dans l’Aveyron (12), département lui-même se trouvant dans la région Midi-Pyrénées, vous y verrez le père Jean, mais aussi beaucoup de verdure, quelques falaises sous lesquelles les hommes ont bâtis.
En bref, pour le visiteur de passage, il y fait tranquille et reposant.
Oui bon, mais c’est rare ça, un pan de falaise qui se détache comme ça sans prévenir. Je continue à dire qu’il y fait tranquille et reposant.
Mais Salles-la-Source n’a pas toujours été si tranquille et si reposant. Même que ça ne s’appelait pas Salles-la-Source avant la révolution française, mais « Salles-Comtaux ».
Je vous propose un petit survol en remontant le temps de quelques années… Enfin je veux dire de quelques siècles, et même carrément de quelques deux millénaires et quelques siècles.
400 ans avant Jésus Christ, arrive sur le Rouergue, un peuple celte venant d’Europe centrale. Gaillards solides, ils sont un peuple puissant. Ils s’installent et construisent trois cités principales. La première « Segodunum » ce qui veut dire en langue celtique « montagne à seigle » En fait c’est la future Rodez, dont le nom actuel est un dérivé déformé du mot Ruthène.
Puis ils construisent la seconde ville. « Condatemagus » ville du confluent, dont le futur nom sera Millau, et enfin la troisième ville « Carentomagus », ville des parents « Caranton ».
Sur le site de ces trois villes on a découvert des traces de vie de ce temps là. Ossements, monnaies, médailles, poteries, et tout plein d’autres choses confirmant l’emplacement de ces trois villes.
Nos Ruthènes vivent leur petite vie tranquille, paisible, jusqu’au jour où l’on entend parler d’un puissant ennemi venant de loin dans le Sud.
Méchant légionnaire Romain
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Cet ennemi, comme un rouleau compresseur, écrase et soumet les peuplades gauloises là bas, loin vers les montagnes de l’Est. On ne peut attendre comme ça sans rien faire. Alors pour l’indépendance nationale, les Ruthènes s’allient à leurs voisins les Arvernes, et les suivent dans leur expédition dans les Alpes pour combattre ce si puissant adversaire.
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Vers l’an 250, saint Martial approche les Ruthènes et leur prêche l’Evangile. Au 4 ème siècle les chrétiens sont nombreux dans le Rouergue, et pourtant, Ruth, une divinité celtique est encore adorée. Un autre saint vient apporter la Bonne Parole à ces hommes païens. Saint Amans. Un historien raconte :
« Un jour que celui-ci sacrifiait à Ruth, Amans apparut et il lui reprocha son impiété et ses excès ; mais, voyant qu'au lieu de se rendre aux efforts de son zèle il entrait en fureur contre lui, il invoqua le Seigneur, et tout à coup d'épaisses nuées s'amoncellent, le tonnerre gronde, éclate, et l'odieux simulacre tombe en pièces. »
Pris de crainte, les Ruthènes après s’être jetés aux pieds du saint, demandent le baptême.
L’empereur romain Honorius, rend leurs droits politiques aux Gaulois, mais en contrepartie impose des contributions exorbitantes. Saint Amans rachète les Ruthènes de ce tribut. Cette sollicitude achève de lui gagner les cœurs.
Avançons maintenant jusqu’à la chute de l’empire Romain. Les habitants du Rouergue s’ils se croyaient enfin libérés de ce joug oppressant, se retrouvent pris dans une escalade de chutes et rechutes, de prises et reprises de possessions de territoire par des conquérants dévastateurs et peu respectueux de la vie de nos pauvres Rouergats.
Tout d’abord, voilà qu’en 472, arrivent sur leurs grands chevaux et en hurlant, les terribles Wisigoths.
Puis quelques 30 ans plus tard, en 507, il y eut les Francs...
Oui, mais eux n'ont séjournés que cinq petites années, repoussés par ceux là même qu’ils avaient chassés, les Wisigoths.
Oui Chute, rechute, prise et reprise du pouvoir. Mais pour les Wisigoths, ils n’ont pu que fuir devant les rois d’Austrasie en 533, et ces rois là, ont fait la même chose en 588, face aux ducs d’Aquitaine.
Oui bon... Tes commentaires on s'en passe... Excusez-le messieurs dames...
Bon je disais que malgré un règne relativement long, presque 200 ans, nos ducs n’ont pas fait un pli sous le joug de Pépin le Bref en 768 et c’est Charlemagne qui 10 ans plus tard va incorporer le Rouergue au royaume d’Aquitaine, et y apporter enfin un peu de paix.
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Charlemagne
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L’abbaye de Conques a été particulièrement comblée en ce domaine. En fait, sans les faveurs royales, il n’y aurait peut-être jamais eu d’abbaye de Conques. La pauvreté du lieu est telle qu’elle n’aurait pu faire vivre les nombreux moines qui y séjournaient en ce temps là.
Louis le Pieux, du vivant de son père Charlemagne, est venu à plusieurs reprises visiter Medraldus, l’abbé de cette abbaye, plaçant ainsi sous sa sauvegarde ce monastère tout en lui conférant le nom même de Conques.
Louis 1er le Pieux
aussi dit Louis le Débonnaire |
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Vingt ans plus tard, Pépin II, son fils, roi d'Aquitaine, tout aussi généreux que son père, lui octroie Figeac, la «Nouvelle Conques», où vont s'installer de nombreux moines.
Les cadeaux royaux ne sont pas que terres et ce qu’elles portent, mais il y a aussi de l’or, de l’argent et des tissus précieux qui font partie de ces dons magnifiques. En parlant de magnifiques, le trésor de Conques l’est aussi. Ce sont des camées offerts à l’abbaye.
Ce qui est curieux c’est que de mémoire populaire, l’on ne retiendra que le nom de Charlemagne, bienfaiteur par-dessus tous les autres.
Oui bon, vers le milieu du IX ème siècle, Charles le Chauve...
Charles le chauve
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Non il n'était pas chauve mais rasé pour une circonstance particulière, en signe de soumission à l’Eglise, je peux continuer maintenant... Bon je disais que Charles le Chauve, fils de Louis le Pieux, a confirmé les comtes du Rouergue dans leurs possessions, et il y ajouta même le comté de Toulouse qu’il détacha du duché d’Aquitaine.
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Le Rouergue en ce temps là…
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C’est une petite région correspondant au département de l’Aveyron actuel. Pays de hauts plateaux et de vallées encaissées où l’on y trouve au cœur des terres rouergates, dans le vallon de Marcillac, des fiefs des Comtes de Rodez, mais aussi ceux des Comtes de Toulouse et des Comtes du Rouergue. Que voilà beaucoup de fiefs au coude à coude. Les rapports de forces sont tendus, mais aussi très complexes.
Certaines familles, se maintiennent ici, dans cette société féodale et dans l’économie médiévale, grâce à des institutions religieuses ou royales, extérieures à la province. Ils contrebalancent pour le coup, les puissances comtales, surtout dans les deux siècles qui suivent la conquête des états des Comtes de Toulouse et de Rouergue par le roi.
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Salle la Source en ce temps là… |
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Le rouergat parle l’Occitan. Ainsi le nom du village dans cette langue était « Las Salas Comtals ».
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Puis ces constructions sont en fait un ensemble de trois villages superposés. Peut-être nous pouvons penser « Las » pour « les » et « Salas » qui normalement veut dire « salle » en occitan traduit littéralement, pour « demeures » ou « habitations ».
Ce qui pourrait désigner, mais cela n’est qu’une traduction très personnelle, « les demeures du Comtal ».
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Le Bourg de Salles la Source
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Pour la traduction de ce nom je le redis, c’est parfaitement personnel. Je ne me fie à rien d’officiel, mais je pencherais beaucoup pour le premier « raisonnement ». « Les demeures du Comtal ». Ce ne sont que des déductions très évasives et extrêmement sujettes à caution. Si quelqu’un connaît l’étymologie de ce nom de village, je serais très heureux de l’exposer ici.
Pour ce qui est officiel, ce n’est qu’à la révolution française, que « Salles-Comtaux » devient « Salles la Source », tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Au Moyen-Âge, le village était fortifié de quatre châteaux.
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Louis le Pieux
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Il faut attendre le 10 ème siècle, pour que de nouveau le village soit mentionné dans un manuscrit comme étant sur la route du Puy, qui, comme chacun le sait, est un départ pour le pèlerinage de Compostelle.
Château de Caylac
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Au 13 ème siècle, nous voyons apparaître la famille Roquemaurel, et comme il n'y a pas le droit d'aînesse à cette époque, c'est toute une histoire de co-seigneurie qui commence, et cela pour éviter l'éclatement des héritages. Pour être plus précis, il s’agit de Guy de Roquemaurel qui arrive avec son beau cheval blanc, en juillet 1290, pour un accord entre les Seigneurs de Salles, nobles chevaliers, les habitants et le comte de Rodez. Ce dernier avait la haute seigneurie de Salles-Comtaux. |
Jean I de Roquemaurel apparaît lui aussi, mais plus tard, le 5 juillet 1323 dans une reconnaissance au comte d’Armagnac, pour un mas au château majeur de Salles et des biens dans la baylie de Marcillac (aujourd’hui Marcillac-Vallon). Il y apparaît également le 1er septembre 1323 avec d’autres chevaliers et damoiseaux dans un accord avec le comte d’Armagnac, successeur du comte de Rodez, Henri.
Ce Guy, premier Rauquemaurel cité, et sa famille, possèdent de nombreux biens, terres et hameaux dont une grande partie existe encore de nos jours.
Cette famille Roquemaurel joue un rôle dans l’histoire de ce village, et l’on retrouve de nombreux actes jusqu’au milieu du 16 ème siècle.
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Ils ont bâti en ce lieu. Notamment en 1382, où ils ont fait ériger la tour qui se trouve près de l’église et du château. |
La Vieille Tour
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Les Roquemaurel avaient aussi des villages et des terres dans les paroisses d’Aynès, Espeyrac et Saint-Félix de Lunel, avec toute la justice et juridiction, haute, moyenne et basse. Ce qui veut tout simplement dire qu’ils avaient plein de droits sur les habitants de leurs domaines.
Pour plus d’informations sur cette famille qui a joué un rôle dans la vie de ce village, voir ici.
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Salles la Source aujourd’hui : |
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Le développement du village depuis l’époque féodale, voire plus ancienne, passe par :
De nombreuses scènes du film Microcosmos ont été tournées autour de Salles-la-Source
Aujourd’hui nous sommes sur le diocèse de Rodez, et avec le regroupement des paroisses, Salles la Source fait partie de Saint Vincent du Vallon qui dessert :
L’adresse internet de cette paroisse est : Paroisse saint Vincent du Vallon
Les collaborateurs du père Jean-Luc Barrié, curé de la paroisse Saint Vincent du Vallon sont :
Pour ce qui est de l’église « saint Loup » ou « saint Leu », le père Jean s’il le veut bien vous en parlera puisqu’il loge dans le presbytère de celle-ci.